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Emilio Sanchez
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Espagne
droitier - revers à deux mains

EmilioSanchez

Le pionnier espagnol
Emilio Sanchez

Avant que l’Espagne n’installe durablement ses champions parmi l’élite, Emilio Sanchez en fut l’un des principaux visages. Terrien complet, capable de réussir bien au-delà de sa surface de prédilection, il conjugua régularité, intelligence de jeu et polyvalence pour se hisser parmi les meilleurs mondiaux.

15Titres ATP
1990n°7 mondial
Naissance29 mai 1965
Style de jeu

Le terrien par excellence

Emilio Sanchez en fond de court sur terre battue

Joueur de fond de court, Emilio Sanchez trouvait naturellement son meilleur rendement sur terre battue. Sans disposer d’une puissance écrasante, il construisait patiemment les échanges, déplaçait son adversaire et s’appuyait sur sa régularité, son sens tactique et la variété de ses trajectoires. Son jeu correspondait à l’école espagnole de l’époque : solide physiquement, difficile à déborder et capable de prolonger les échanges jusqu’à provoquer la faute.

Sanchez ne se limitait pourtant pas à défendre loin derrière sa ligne. À l’aise dans les phases de transition, il savait avancer et terminer les points au filet. Cette maîtrise de la volée, développée par sa pratique du double, enrichissait son jeu de simple sans en modifier la nature : il restait avant tout un organisateur de l’échange, plus habile à construire qu’à imposer une force brute.

de 1983 à 1998

Sa carrière

Emilio Sanchez en 1984
1984 : Emilio Sanchez se révèle dès sa première participation à Roland-Garros.
1983-1985

Les premiers pas

Avant même de rejoindre le circuit professionnel, Emilio Sanchez se distingue parmi les juniors espagnols. Champion national, finaliste de l’Orange Bowl et membre de l’équipe victorieuse de la Sunshine Cup en 1983, le Madrilène possède déjà de solides références lorsqu’il passe professionnel l’année suivante.

Ses débuts sont immédiats. À Roland-Garros 1984, pour sa première participation, il élimine notamment Tomáš Šmíd, tête de série n° 14, et atteint les huitièmes de finale. Jimmy Connors met brutalement fin à son parcours, mais Sanchez vient de se faire connaître à seulement 19 ans. Il atteint également les demi-finales à Bari, les quarts à Nice et fait ses premiers pas avec l’Espagne en Coupe Davis.

Il ne remporte encore aucun tournoi en 1985, mais gagne en régularité. Quart de finaliste à Munich, Kitzbühel et Barcelone, il achève la saison parmi les vingt premiers mondiaux. En deux ans, Emilio Sanchez s’est déjà installé parmi les meilleurs joueurs espagnols ; les titres ne vont plus tarder.

Emilio Sanchez à Nice en 1986
1986 : Sanchez remporte son premier titre ATP à Nice.
1986

Ouverture du compteur

Emilio Sanchez débloque son palmarès au printemps. Il remporte successivement Nice, face à Paul McNamee, puis Munich, où il domine Ricki Osterthun en finale. Deux semaines après son premier titre, l’Espagnol s’est déjà imposé comme l’un des hommes forts de la saison européenne sur terre battue.

À Rome, il franchit encore un cap. Vainqueur de Mats Wilander en demi-finale, il prend un set à Ivan Lendl avant de céder en quatre manches. À Roland-Garros, il pousse ensuite Boris Becker jusqu’au cinquième set en huitième de finale, après avoir mené deux manches à une.

Sanchez retrouve Wilander en finale à Båstad et bat cette fois le double tenant du titre au terme de trois sets. Avec trois trophées, une finale à Rome et une place parmi les vingt premiers mondiaux, il n’est plus seulement un espoir espagnol : à 21 ans, il appartient désormais aux meilleurs joueurs de terre battue du circuit.

Emilio Sanchez à Wimbledon en 1987
Wimbledon 1987 : Sanchez atteint les huitièmes de finale.
1987

La confirmation

Emilio Sanchez ne franchit pas de nouveau palier en Grand Chelem, mais confirme sa régularité. À Roland-Garros, Andrés Gómez l’arrête en huitième de finale. Quelques semaines plus tard, l’Espagnol atteint également les huitièmes à Wimbledon, son meilleur parcours sur le gazon londonien, avant de céder face à Mats Wilander.

Sa saison prend une autre dimension durant l’été. Sanchez s’impose d’abord à Gstaad, puis enchaîne à Bordeaux. À Kitzbühel, il remporte le titre le plus relevé de cette série en dominant Miloslav Mečíř en finale, en quatre manches.

Il complète sa moisson à Madrid, où la finale l’oppose à son frère Javier. Vainqueur en trois sets, Emilio porte à quatre son nombre de titres dans la saison, un record personnel. Sans intégrer encore le top 10, il s’affirme comme l’un des principaux chefs de file du tennis espagnol.

Emilio Sanchez à Roland-Garros en 1988
US Open 1988 : Sanchez atteint les quarts de finale, où Mats Wilander lui barre la route.
1988

Échec et Mats

Emilio Sanchez réalise sa meilleure saison dans les tournois majeurs. À Roland-Garros, il écarte Yannick Noah en huitième de finale au terme de cinq manches, puis remporte le premier set de son quart face à Mats Wilander. Le Suédois renverse toutefois la rencontre avant de conquérir le titre.

Sanchez reproduit presque le même parcours à l’US Open. Après avoir notamment éliminé Miloslav Mečíř, il retrouve Wilander en quart de finale et lui prend encore la première manche. Le futur vainqueur du tournoi reprend une nouvelle fois le contrôle et prive l’Espagnol de sa première demi-finale en Grand Chelem.

Finaliste à Indian Wells, Bologne et Kitzbühel, Sanchez ne remporte qu’un tournoi, à Hilversum, où il domine Guillermo Pérez Roldán. Son palmarès annuel paraît moins fourni qu’en 1987, mais ses deux quarts de finale en Grand Chelem donnent à cette saison une place à part dans sa carrière.

Emilio Sanchez au Masters 1990
1990 : Sanchez participe au Masters de fin de saison.
1989-1990

N°7 mondial

Après ses deux quarts de finale en Grand Chelem, Emilio Sanchez connaît une saison 1989 moins marquante. Il conserve néanmoins son titre à Kitzbühel, où il remporte pour la troisième fois le tournoi autrichien. Cette victoire demeure son seul trophée de l’année, sans l’empêcher de rester solidement installé aux portes du top 10.

Il commence 1990 par un succès à Wellington, sur dur, une surface qui lui offre rarement les honneurs. Au printemps, il atteint les demi-finales du grand tournoi de Key Biscayne, puis s’impose sur la terre battue d’Estoril. Cette régularité le conduit, le 30 avril, à la 7e place mondiale, le meilleur classement de sa carrière.

En fin de saison, Sanchez se qualifie pour la première et unique fois au Masters. Placé à Francfort dans le groupe de Stefan Edberg, Andre Agassi et Pete Sampras, il s’incline lors de ses trois rencontres. L’expérience tourne court, mais sa présence parmi les huit invités consacre une saison qui l’aura vu atteindre son sommet au classement.

Emilio Sanchez avec le trophée de Rome en 1991
Rome 1991 : Emilio Sanchez remporte le titre le plus prestigieux de sa carrière.
1991

Le titre à Rome

Emilio Sanchez retrouve au printemps son meilleur niveau sur terre battue. À Barcelone, il bat Sergi Bruguera en quatre manches et remporte pour la première fois ce tournoi. Ce succès possède une valeur particulière : Sanchez domine le jeune joueur qui s’apprête à prendre sa succession à la tête du tennis espagnol.

Un mois plus tard, il signe la plus grande victoire de sa carrière à Rome. Après avoir éliminé Bruguera en demi-finale, Sanchez maîtrise nettement Alberto Mancini en finale lorsque l’Argentin abandonne dans le troisième set. À 26 ans, l’Espagnol inscrit enfin son nom au palmarès de l’un des principaux tournois du circuit.

Cette préparation idéale ne trouve pourtant aucun prolongement à Roland-Garros, où Sanchez disparaît dès le deuxième tour. Il se relance durant l’été en remportant Gstaad, de nouveau face à Bruguera, puis atteint les huitièmes de finale de l’US Open, où Jim Courier l’arrête. Avec trois titres, dont Barcelone et surtout Rome, 1991 reste la saison la plus prestigieuse de son palmarès.

Emilio Sanchez aux Jeux olympiques de Barcelone en 1992
1992 : après son dernier titre à Sydney, Sanchez atteint les quarts de finale des Jeux olympiques de Barcelone.
1992-1998

Fin de carrière

La saison 1992 commence idéalement à Sydney. Sur dur, Emilio Sanchez domine Guy Forget en finale et remporte le quinzième titre de sa carrière, qui restera aussi le dernier. Quelques jours plus tard, il atteint pour la première fois les huitièmes de finale de l’Open d’Australie. Face à John McEnroe, il efface un retard de deux manches et obtient deux balles de match à 6-5 dans le cinquième set. Une double faute, sa première de la rencontre, contribue au retournement final : l’Américain s’impose 8-6 après près de cinq heures de jeu. Sanchez confiera plus tard que cette défaite avait brisé une partie de sa volonté de gagner.

L’été suivant, les Jeux olympiques de Barcelone lui offrent une nouvelle occasion de briller devant le public espagnol. Il atteint les quarts de finale du simple, mais s’incline en quatre manches contre Marc Rosset, futur champion olympique. Ce parcours demeure son dernier grand résultat dans une compétition majeure.

Sanchez reste encore dangereux en 1993 : à Hambourg, il élimine notamment Stefan Edberg et se hisse en demi-finale. Ses résultats déclinent ensuite progressivement. Sans retrouver de finale ni de titre en simple, il recule au classement et devient plus rare dans les derniers tours des grands tournois. Il poursuit néanmoins sa carrière jusqu’en 1998, avant de se retirer à 33 ans.

Double

Des titres en Grand Chelem

Andrés Gómez et Emilio Sanchez avec leurs trophées à Roland-Garros 1988

Sans en faire l’axe de sa carrière, il est impossible d’ignorer les résultats d’Emilio Sanchez en double. Associé le plus souvent à Sergio Casal, il remporte 50 titres et devient n° 1 mondial en 1989. Les deux Espagnols forment alors l’une des meilleures paires du circuit.

Sanchez enlève trois tournois du Grand Chelem : Roland-Garros 1988 avec Andrés Gómez, puis l’US Open 1988 et Roland-Garros 1990 avec Casal. Avec ce dernier, il décroche également la médaille d’argent aux Jeux olympiques de Séoul en 1988. Son aisance au filet, nourrie par des années de pratique du double, fut l’une des clés de cette réussite.

Emilio Sanchez a encore remporté le double mixte de l’US Open 1987 avec Martina Navratilova. La même année, il avait également décroché le titre en double mixte à Roland-Garros avec Pam Shriver.

Coupe Davis

Le chef de file espagnol

Emilio Sanchez porté par l’équipe d’Espagne après la victoire en Coupe Davis 2008

Emilio Sanchez débute en Coupe Davis en 1984 et devient rapidement l’un des piliers de la sélection espagnole. Pendant près d’une décennie, il assume régulièrement les rencontres de simple, tout en composant avec Sergio Casal une paire presque incontournable lorsque l’équipe doit défendre ses chances en double.

L’Espagne réalise son meilleur parcours durant sa présence en 1987. Après avoir éliminé l’Allemagne de l’Ouest puis le Paraguay, elle reçoit la Suède en demi-finale à Barcelone. Sanchez ne peut empêcher la défaite face à l’équipe de Mats Wilander et Stefan Edberg, victorieuse 3-2, mais cette campagne demeure le sommet de sa carrière de joueur dans la compétition.

En 24 rencontres disputées sous le maillot espagnol, Sanchez présente un bilan total de 32 victoires pour 23 défaites, dont 18 succès en simple. Il ne soulève jamais le Saladier d’argent comme joueur, mais prend sa revanche bien plus tard : devenu capitaine, il conduit l’Espagne au titre en 2008, en Argentine et sans Rafael Nadal lors de la finale.

Coach

Pato Álvarez — Le maître colombien

William Pato Álvarez sur un court en terre battue

Emilio Sanchez accomplit l’essentiel de sa carrière sous la direction de William « Pato » Álvarez. Installé en Espagne après une carrière de joueur menée sous les couleurs de la Colombie, celui-ci entraîne également Javier Sanchez et Sergio Casal, qu’il accompagne avec Emilio sur le circuit.

Réputé pour ses méthodes exigeantes, fondées sur la répétition, l’endurance et la construction patiente du point, Álvarez contribue à façonner le jeu de Sanchez. Leur relation dépasse le simple travail technique : Emilio lui accorde une telle confiance que la présence de son entraîneur devient parfois un sujet de tension lors des rencontres de Coupe Davis.

L’influence de Pato Álvarez se prolonge bien au-delà de la carrière de son élève. Lorsqu’il fonde son académie avec Sergio Casal, Sanchez reprend une partie de ses principes d’entraînement et les adapte à la formation de nouvelles générations de joueurs.

Palmarès

Ses 15 titres

Grand tournoi historique

Nice 1986
Munich 1986
Båstad 1986
Gstaad 1987
Bordeaux 1987
Kitzbühel 1987
Madrid 1987
Hilversum 1988
Kitzbühel 1989
Wellington 1990
Estoril 1990
Barcelone 1991
Rome 1991
Gstaad 1991
Sydney 1992
Dynastie

Une famille de champions

Javier, Marisa, Arantxa et Emilio Sanchez Vicario

Emilio Sanchez ouvre la voie à une famille qui occupera une place unique dans le tennis espagnol. Son frère Javier rejoint lui aussi le circuit professionnel et atteint la 23e place mondiale. En 1987, les deux frères se retrouvent en finale du tournoi de Madrid : Emilio s’impose en trois manches, dans une rencontre forcément particulière.

Mais la plus illustre de la fratrie reste Arantxa Sanchez Vicario. Encore adolescente lorsqu’Emilio appartient déjà aux meilleurs mondiaux, elle dépasse rapidement ses frères en remportant Roland-Garros en 1989, puis en devenant n° 1 mondiale. Emilio et Arantxa partagent néanmoins quelques succès, notamment la victoire de l’Espagne lors de la Hopman Cup en 1990.

Emilio avait précédé l'avènement de sa sœur et représenté, durant plusieurs saisons, le principal visage du tennis espagnol masculin. Avec quinze titres et une 7e place mondiale, il ne fut pas seulement « le frère d’Arantxa », mais un champion de premier plan à part entière.

Transmission

L’académie Sanchez-Casal

Emilio Sanchez et Sergio Casal devant leur académie

À peine sa carrière terminée, Emilio Sanchez prolonge son association avec Sergio Casal en fondant avec lui, en 1998, l’académie Sanchez-Casal près de Barcelone. Leur méthode associe formation sportive et études, avec l’ambition de préparer les jeunes joueurs au haut niveau sans négliger leur développement personnel.

L’établissement acquiert rapidement une réputation internationale. Andy Murray, Svetlana Kuznetsova, Grigor Dimitrov, Daniela Hantuchová ou encore Juan Mónaco s’y arrêtent pendant leur formation. L’académie essaime ensuite à l’étranger, notamment aux États-Unis.

Grigor Dimitrov à l’académie Sanchez-Casal
Grigor Dimitrov, un pur produit de l’ASC.

Déjà revenu sur le devant de la scène en conduisant l’Espagne à la victoire en Coupe Davis en 2008, Sanchez voit son travail de transmission récompensé en 2017. Avec Casal, il reçoit le prix Philippe-Chatrier, la plus haute distinction décernée par la Fédération internationale de tennis pour une contribution exceptionnelle à ce sport.

Vie privée

Simona et leurs quatre enfants

Emilio Sanchez et Simona Bronzetti

En 1999, Emilio Sanchez épouse l’Italienne Simona Bronzetti. Le couple a quatre enfants : Victoria, Emilio, Valentina et Simón.

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Date de dernière mise à jour : 11/10/2026