La patience d'un outsider
Schüttler passe sur le circuit professionnel en 1995, à 19 ans. Il franchit progressivement les étapes, sans brûler les étapes ni bénéficier de la notoriété de ses illustres prédécesseurs allemands. Sa première participation à un tableau final du Grand Chelem remonte à Wimbledon 1998. Il lui faut encore attendre pour devenir un habitué des grands rendez-vous.
En janvier 1999, à Doha, il crée sa première véritable surprise. Issu des qualifications et non tête de série, il traverse le tableau jusqu'à la finale, où il domine le Britannique Tim Henman (6-4, 5-7, 6-1). Ce premier titre ATP, obtenu à 22 ans, change sa place dans le circuit. Quelques mois plus tard, il atteint encore la finale à Chennai, mais s'incline devant Byron Black.
Le début des années 2000 confirme ses progrès, sans véritable explosion. Finaliste à Doha en 2000, où Fabrice Santoro le prive du titre, il atteint les huitièmes de finale de l'Open d'Australie en 2001. Cette même année, il remporte à Shanghai son deuxième titre, aux dépens de Michel Kratochvil (6-3, 6-4), et dispute deux autres finales, à Hong Kong face à Marcelo Rios et à Saint-Pétersbourg face à Marat Safin. En 2002, sur la terre battue de Munich, Younes El Aynaoui lui barre la route d'un nouveau trophée.
À l'approche de ses 27 ans, Schüttler est donc un joueur solide et expérimenté, mais rien ne le désigne encore comme un prétendant aux dernières marches d'un tournoi majeur. Son meilleur atout est peut-être cette aptitude à rester dans un match lorsque des adversaires plus brillants commencent à perdre patience.
